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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 09:51
Profond pessimisme
des Français face à l'Europe


Laure Mandeville
25/06/2008
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Moins d'un Français sur deux estime que l'appartenance à l'Union européenne est une bonne chose pour le pays.

Les Français sont à 85 % satisfaits de leur vie personnelle. Mais pour le reste, ils demeurent très pessimistes. Sur l'avenir. Sur l'impact de la mondialisation. Et sur l'Europe, dont seulement 48 % d'entre nous jugent qu'«en faire partie est une bonne chose pour le pays», selon un sondage TNS Sofres rendu public hier. Alors qu'elle s'apprête à assurer la présidence tournante de l'UE, la France reste même l'un des pays les plus pessimistes d'Europe puisqu'elle juge à 61 % que les choses vont dans la mauvaise direction dans le pays, un score qui la place en queue de peloton, à égalité avec l'Italie, et juste devant la Grande-Bretagne (63 %) et la Hongrie (79 %), alors que la moyenne de l'UE est à 45 %.

Selon ce baromètre des humeurs des 27 pays de l'Union, réalisé tous les six mois pour la Commission, ce pessimisme se nourrirait essentiellement de notre vision de l'économie, une explication qui paraît toutefois insuffisante. Quelque 72 % des Français jugent la situation économique mauvaise, contre 49 % des Européens et 14 % seulement des Irlandais, qui viennent de voter non au référendum. Les Français sont 81 % à juger négativement la situation de l'emploi, préoccupation pourtant désormais devancée par la question du pouvoir d'achat. Très hostiles à la mondialisation, nos compatriotes la jugent menaçante pour l'emploi à 66 %, alors que 25 % la voient comme une opportunité pour nos entreprises. Et nous jugeons à 60 % que l'Europe ne nous protège pas contre elle. «La mondialisation reste perçue comme le mal absolu , c'est une spécificité du pessimisme français», a insisté hier le directeur général de TNS Sofres, Brice Teinturier, tandis que le vice-président de la Commission européenne, Jacques Barrot, se disait «stupéfait de constater à quel point les Français sont fâchés avec l'économie». «C'est un problème majeur, a poursuivi ce dernier, car s'ils ne réagissent pas, ils iront de déception en déception.»

 

«Déficit démocratique»

 

Jacques Barrot s'est inquiété de cette amnésie française, qui nous fait oublier que «sans l'euro, nous aurions déjà subi plusieurs dévaluations et des prix bien supérieurs», tout en gardant espoir qu'avec l'avancée des réformes, «les Français retrouvent le goût du risque». «Ce mythe du plombier polonais nous a fait beaucoup de mal. Notre responsabilité est de le dire. Mes amis de Haute-Loire, (son fief politique historique, NDLR), ont fini par aller investir en Roumanie et s'en portent très bien», insiste-t-il. Les chiffres présentés hier sont jugés d'autant plus inquiétants qu'ils semblent traduire en filigrane une désaffection rampante de l'Europe. Moins de la moitié de la population française pense que «faire partie de l'Union européenne est une bonne chose pour le pays», alors qu'en Irlande et aux Pays-Bas, les deux autres pays à avoir également voté non lors d'un référendum sur la Constitution, ces taux s'élèvent respectivement à 75 et 73 % des citoyens. Nous sommes par ailleurs seulement 29 % à penser que nous vivons dans un pays «plus prospère» parce que nous appartenons à l'Europe.

Notre attachement à 57 % à l'UE vient rééquilibrer tous ces chiffres. Mais il est en réalité assez distancé et révèle des fragilités, remarque Brice Teinturier, qui insiste, comme tant d'autres avant lui, sur le «déficit démocratique» et l'«absence de projet mobilisateur», parlant de «panne idéologique» européenne. S'inquiétant, au-delà de ce sondage, d'un non irlandais qui a ratissé large dans la jeune génération, Jacques Barrot parle de la nécessité «de faire naître de l'affection et de la fierté» vis-à-vis de l'Europe, en généralisant les programmes universitaires d'échanges Erasmus. Le président de la Fondation Robert Schuman, Jean-Dominique Giuliani, juge qu'il s'agit là «d'un défi politique majeur», car «on risque d'aller vers une remise en cause du projet européen», susceptible de «s'éroder sur une ou deux générations».



OUI A L'EUROPE DU CHARBONNIER QUI RESTE MAÎTRE CHEZ LUI...

C'EST FINALEMENT  "A PRENDRE OU A LAISSER"...



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