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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 14:27


« La diversité est simplement devenue le faux-nez de la discrimination positive. Ce terme n’a pas d’autre fonction que de camoufler la politique de passe-droit généralisé qui se met en place. Mais en lui-même, il ne signifie absolument rien, c’est un slogan débile. »





Anne-Marie Le Pourhiet est juriste, docteur en droit, professeur agrégé de droit public à l’Université Rennes 1, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel (AFDC) et de la Société des professeurs des facultés de droit (SPFD), membre suppléante du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER).

Extraits d’une longue interview en forme de feu d’artifice à relire chaque jour.

« De façon générale, sélectionner, préférer, hiérarchiser ou tout simplement juger, est devenu révélateur d’une « phobie » c’est-à-dire d’une maladie mentale à soigner d’urgence. Il est donc désormais interdit de discriminer sauf quand il s’agit d’attribuer des privilèges à ceux qui ont la chance d’appartenir au club très prisé des « dominés ».

Femmes, handicapés, « issus de l’immigration africaine et maghrébine », homo-bi-trans-sexuels, originaires de régions « à identité forte », etc. ont le droit de bénéficier d’avantages refusés aux hommes mâles, blancs, valides, hétérosexuels et originaires de régions hexagonales à … identité faible.

Voilà très exactement ce qu’est une discrimination « positive » : un passe-droit reconnu aux membres de catégories ethnico-culturelles ou sexuelles ayant réussi à se forger un statut de victimes.

La « concurrence des victimes » a débouché sur un nivellement et une indifférenciation entre les différentes revendications. Ce qui se traduit par une législation fourre-tout, ou l’on mélange absolument tout : les Noirs et les homosexuels, les femmes et les handicapés, les Juifs et les obèses, la religion et l’âge, l’apparence physique et l’opinion, l’origine nationale et l’appartenance syndicale, les violences physiques et les plaisanteries verbales, etc…

Lorsqu’on n’est pas recruté sur les mêmes critères d’exigence que les autres, on n’arrive pas non plus à suivre le même cursus. On n’entre pas par effraction dans l’élite scientifique. Les écoles Centrale et Polytechnique ne pourraient pas s’offrir un gadget de type Sciences-Po. On ne triche pas avec la science.

On peut dispenser de dissertation dans une école de « tchatche », on ne peut pas dispenser de résoudre une équation dans une école d’ingénieurs. Si l’on pratiquait des discriminations positives à l’Ecole nationale d’aviation civile, je ne monterais plus dans un avion ! Quand le mérite s’efface, il ne reste plus que l’arbitraire et la « tête du client », c’est à dire la loi de la jungle et le ridicule.

Constater qu’il y a peu de descendants d’immigrés maghrébins ou africains à Polytechnique, ou peu de handicapés au barreau de Paris, ou aucune femme sur les échafaudages des ravalements d’immeubles ou derrière les camions-poubelles ne permet pas forcément de crier à l’injustice et à la discrimination. Encore faut-il accepter d’examiner les choses avec bonne foi et réalisme au lieu de le faire avec du sectarisme idéologue et de l’opportunisme militant.

Il est évidemment, naturellement et normalement plus difficile à des enfants d’immigrés de réussir rapidement dans la société d’accueil qu’à des nationaux de souche. Et plus la différence culturelle et économique avec cette société est grande, plus longue et difficile sera l’intégration. A fortiori si une idéologie multiculturaliste conseille aux migrants de ne pas s’assimiler et de cultiver leur différence, les chances d’intégration se réduisent, et le risque de rejet et de ghettoïsation se développe. Prétendre contester ces évidences ou les combattre relève de l’angélisme ou de l’intégrisme

(...)

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