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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 10:59


L’abandon subtil d’Israël
Par Paul Leslie pour Guysen International News
Dimanche 31 août 2008
 
Dans son article «Les meilleurs amis de l’Amérique», paru le 1er août 2007, Caroline Glick, membre senior pour le Moyen Orient du « Centre pour la Politique de Sécurité » à Washington DC et rédacteur en chef adjoint du Jerusalem Post explique comment les élus israéliens ont eux-mêmes contribué à saper l’influence au sein de l’administration Bush des partisans les plus fervents d’Israël.

La seconde cause de l’hostilité de l’administration envers Israël, selon Caroline Glick, c’est la prise en charge irrésolue du gouvernement Olmert lors de la Seconde Guerre du Liban. Comme ce fut le cas il y a 25 ans, le gouvernement Olmert a conduit Israël à la défaite au Liban, il a affaibli la réputation des officiels de l’administration américaine qui considéraient Israël comme un allié stratégique et s’opposaient aux Saoudiens, en renforçant les ennemis d’Israël inspirés par Baker, qui considèrent Israël comme un « handicap stratégique». (1)

Qui plus est, ce n’est pas seulement Condoleeza Rice, secrétaire d’Etat américaine, qui ne s’intéresse pas particulièrement aux intérêts sécuritaires d’Israël. Robert Gates, actuellement secrétaire d'Etat à la Défense des Etats-Unis, a fait partie du Groupe d'étude sur l'Irak (Iraq Study Group). L’une des conclusions du rapport publié par cette commission d’enquête sur la gestion de l’intervention américaine en Irak, et sur le devenir des intérêts américano-irakiens, voit dans l’amélioration des relations avec la Syrie et l’Iran un objectif stratégique qui est indispensable à la protection de la sphère d’influence américaine en Irak, même si l’apaisement diplomatique de ces deux pays se réalise aux dépens de la sécurité existentielle de l’Etat hébreu. (2)

Contrairement aux thèses que soutiennent tant de porte-paroles et de représentants du gouvernement consécutivement aux manipulations du parti Kadima, ainsi que d’innombrables militants du prétendu «camp de la paix», l’État hébreu compte toujours plusieurs amis sincères (les Américains, mais pas seulement), qui s’opposent fermement à un retrait israélien sur les «frontières d’Auschwitz» (formule d' Abba Eban) d’avant 1967, réputées impossibles à défendre.

Parmi les vrais amis d’Israël, dont nombre de femmes et d’hommes politiques influents, certains comprennent que les appels à la solidarité internationale du monde libre contre les forces meurtrières ne suffisent pas, et n’ont jamais suffi, pour assurer la survie d’Israël, même si ces forces meurtrières ne cessent d’essayer d’anéantir les citoyens d’un Etat qui, malgré toutes les pressions accablantes (et la décadence d’un système politique dont les imperfections s’accentuent de plus en plus) continuent de maintenir vivantes les valeurs fondamentales des pays libres.

Il faut que l’existence des Israéliens, toujours menacés de destruction, soit considérée comme constituant un objectif stratégique permanent par les décideurs les plus importants du pays qui leur sert d’allié indispensable (la France aux années 1950, les Etats-Unis depuis l’avènement de l’administration Johnson en 1964). L’État hébreu doit constamment démontrer sa capacité à rendre des services appréciables, d’être d’une utilité certaine. Aussi importe-t-il que les forces de défense d’Israël puissent se mettre en état de se suffire à elles-mêmes, dans la mesure du possible, sans être obligées de compter sur des forces extérieures pour assurer la protection de leurs compatriotes. Dès que le sang d’un nombre non négligeable de soldats envoyés pour protéger la vie d’Israéliens menacés risquerait de couler, beaucoup des concitoyens, même issus d’une nation on ne peut plus amicale, pourraient en venir à douter de la valeur d’une alliance.

Malheureusement, malgré les violations majeures de leurs obligations commises par les forces palestiniennes dites modérées (y compris des actes terroristes commis par certains «activistes» qui font partie de la faction de Mahmoud Abbas lui-même), l’administration Olmert, tout comme les autres gouvernements dominés par les partisans de l’apaisement d’Abbas et de ses alliés, ne semble pas attacher d’importance à la nécessité de mobiliser les « vrais amis », au cas où s’exerceraient des pressions dangereuses de la part de décideurs actifs dans des milieux politiques tels que le Département d’Etat américain (3). Ne cessant de blanchir les éducateurs de haine de l’Autorité palestinienne plus «modérés» que les militants du Hamas, ainsi que les plusieurs calomniateurs parmi leurs concitoyens, les représentants de la seule démocratie du Proche-Orient, ainsi que leurs trop nombreux conseillers et spécialistes, ne reviennent pas sur leur politique d’énormes concessions territoriales.
En outre, ces concessions, et c’est le cas pour le Golan, vont même plus loin que celles qu’exigent les membres de l’administration Bush et certains hauts fonctionnaires du Département d’Etat qui exercent des pressions sur les Israéliens. Et celles-ci sont susceptibles d’exposer de plus en plus d’Israéliens aux tirs palestiniens (venus de civils, de policiers qui se doublent parfois de terroristes), et de les mettre de plus en plus à portée de missiles et de roquettes palestiniennes, y compris les habitants juifs de Jérusalem …

À la différence d’autres périodes préélectorales, l’Etat d’Israël se trouve exposé à des pressions non négligeables, dont le refus de leur résister de façon vigoureuse, cohérente et efficace, en ne manquant jamais d’insister sur les violations majeures commises par les «partenaires palestiniens de la paix», et sur leur duplicité invétérée qui aggrave le caractère dangereux de la situation. En outre, des considérations électoralistes amènent de plus en plus de décideurs au sein de l’administration à s’opposer à toute initiative militaire, y compris contre les installations nucléaires iraniennes, qui soit susceptible d’escalader dans de sérieuses proportions, et donc de mettre en péril à la fois le renforcement progressif de la présence américaine en Irak et la candidature présidentielle de John McCain, éventuel successeur républicain de George Bush.
Dans ce climat-ci, la livraison envisagée d’un système anti-missiles plus perfectionné que celui dont disposent les forces de défense israéliennes, semble représenter un plus sécuritaire.

Cependant, selon un article paru le 18 août sur le site DEBKA, les Israéliens ne seront pas autorisés à avoir accès à la base américaine où s’installeront les contingents américains équipés du système anti-missiles en question. Contrairement aux arrangements passés normalement, selon lesquels certains spécialistes et/ou membres des forces de l’ordre qui sont citoyens du pays où la base est établie, ont le droit d’être présents, à condition de se subordonner totalement au commandement américain de la base (tel est le cas, par exemple, en Pologne). Ce seront aux alliés américains installés sur le territoire israélien de décider si, et dans quelle mesure, ils communiqueront aux Israéliens les données interceptées. En outre, la base américaine pourrait, le cas échéant, espionner les forces israéliennes. D’après le bulletin paru le 25 août sur le site de l’organisation juive américaine « Council of Presidents of Major Jewish Organisations » (Conseil des Présidents des organisations juives majeures), la présence sur cette base serait susceptible d’entraver la préparation d’opérations militaires jugées indispensables, au cas où le gouvernement des États-Unis s’y opposerait – où, par exemple, les contingents qui en feraient partie risqueraient sérieusement de constituer une des cibles principales. (4)

Une autre hypothèse est à considérer. Certains décideurs américains estiment possible le maintien d'une base militaire après qu'Israël aurait accepté de faire des concessions extrêmes, y compris le transfert de certaines zones du Néguev pour assurer la "continuité" de l’Etat palestinien, dont on envisage la création.




 
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