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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 10:05
GENEVE:   PLACE FINANCIERE ?...

NON !     PLACE ENVAHIE !




Les habitants des Pâquis clament leur ras-le-bol

Régulièrement, le quartier défraie la chronique pour les faits divers violents qui s'y déroulent. Les riverains en ont marre de ce climat délétère, et certains partent dans des endroits plus calmes.

ANTOINE GROSJEAN | 20 Août 2008 | 00h04

Bagarres à l'arme blanche, deal, agressions de personnes âgées et même meurtres: aux Pâquis, les semaines se suivent et se ressemblent tragiquement. Les riverains ne s'étonnent même plus de voir un homme se vider de son sang sur le trottoir après avoir pris un coup de couteau, comme cela est encore arrivé dimanche dernier en pleine journée (lire nos éditions du 18 août).

Etonnés, peut-être pas, exaspérés certainement! Des habitants et des commerçants du quartier disent leur ras-le-bol. En général sous couvert d'anonymat, par crainte des représailles. Vu le climat délétère qui s'est installé ici, certains veulent partir dans un endroit plus calme.

Envie de déménager

C'est le cas de Marianne*, pâquisarde depuis ses sept ans, et gérante depuis une bonne décennie d'un restaurant dans le quartier chaud. «Si je trouve quelque chose ailleurs, je pars tout de suite. On en a marre! Tous les jours il y a des bagarres. La nuit, depuis une année, c'est devenu un enfer. Les gens ne veulent plus aller sur la terrasse le soir, il y en a même qui ont peur de venir aux Pâquis. Notre chiffre d'affaires s'en ressent. Heureusement, la police fait régulièrement des rondes, mais pas assez à notre goût.»

Beaucoup de personnes trouvent que les autorités sont trop laxistes dans ce que d'aucuns nomment une zone de non-droit. Olivier Brawand en fait partie. Se surnommant lui-même le «bouffon de la république», c'est un des personnages du quartier. «Si les autorités ne font rien, prévient-il, cela risque de déraper gravement, les gens vont se faire justice eux-mêmes. Il y a des commerçants qui suggèrent même de faire venir des Hells Angels d'Allemagne pour faire le ménage. Encore ce matin (ndlr: hier), ma voisine de 97 ans s'est fait agresser en rentrant des courses et a fini à l'hôpital. Je ne reconnais plus mon quartier. Avant, les dealers faisaient cela de manière discrète, maintenant ils trafiquent même en plein jour.»

Vivant et travaillant aux -Pâquis depuis vingt ans, Aline*, tenancière de bar, se souvient que le quartier n'a pas toujours été comme cela. «A l'époque, il y avait des bagarres à coups de poing, maintenant ce sont les couteaux et les revolvers.» Elle-même a été agressée au pistolet il y a un an. Depuis, elle a fait installer l'alarme.

Pour Michel*, aux Pâquis depuis plus de trente ans, il faut relativiser. «Je ne me sens pas particulièrement en insécurité ici. J'ai vécu dans des pays bien plus dangereux.» Pourtant, bien qu'il adore ce quartier, il envisage de le quitter. «Je n'ai pas envie de vivre dans ce climat. Avec le bruit qu'il y a tous les soirs, je suis étonné que les gens ne se mettent pas à tirer par la fenêtre. Cela dit, il y a des zones plus vivables que d'autres, mais autour des rues De-Monthoux, de Berne, de Neuchâtel ou de Zurich, je ne sais pas comment les gens font pour vivre.»

Eux non plus ne le savent pas. Ce périmètre est le plus chaud des Pâquis, avec une concentration record de dealers au mètre carré. Au bout de trois ans à se faire quotidiennement alpaguer par ces jeunes «très agressifs», Julie* a décidé de déménager. «Depuis un an, cela s'est particulièrement dégradé. Je suppose que c'est comme cela dans toutes les grandes villes, mais à Genève, ça me choque.

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