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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 12:35


...LE PAKISTAN, PAR EXEMPLE  


 
Afghanistan : il faut dire la vérité
 

 



mercredi 27 août 2008

islamisme
Carte AFGHANISTANPour avoir passé près de quatre ans en Afghanistan comme chef de poste diplomatique, je crois assez bien connaître le pays, sa nature réelle, ses populations et ses guerres, pour en parler à nouveau dans ces colonnes.

Ce qu’il faut souligner en premier lieu est l’ignorance des réalités afghanes telles qu’elles sont décrites dans la presse notamment, phénomène dû à la réserve dont on doit faire preuve à l’égard de l’islam dont nous avons en France plus de six millions de fidèles, y compris un certain nombre d’extrémistes. Malheureusement, dès lors que, dans l’analyse d’un conflit, on évite soigneusement d’en étudier la cause majeure, on se condamne à l’erreur et à l’échec.

Pour ma part, m’efforçant d’être objectif, je dirais que la situation en Afghanistan donne lieu aux constatations ci-après :

Première constatation : 95 % des Afghans sont extrêmement arriérés. Ils en sont encore au premier siècle de l’Hégire (autrement dire aux VIIe/VIIIe siècles après Jésus-Christ), imprégnés d’un islam rigoriste et vivant chaque minute de leur existence dans l’observance de la charia. Pour le peuple afghan, le mal absolu, c’est le chrétien et de façon générale l’Occident.

Deuxième constatation : l’Afghanistan était un pays prospère et verdoyant aux temps de la civilisation gréco-bouddhiste. On doit, d’ailleurs, à la science française la découverte et l’étude des vestiges de cette brillante civilisation anéantie par l’islam imposé par les invasions arabo-musulmanes qui ont transformé l’Afghanistan en désert. Une cabane en terre séchée, les femmes entièrement recouvertes de la burqa et traitées comme du bétail, les hommes et leurs fusils, combattants le matin, cultivateurs de pavot l’après-midi – aussi bien est-il impossible de distinguer les talibans de la population civile –, les ânes qui braient dans les villages, une absence complète d’hygiène. C’est le haut Moyen Âge. En comparaison, l’Irak est un pays riche et moderne.

Troisième constatation : le relief de l’Afghanistan très accidenté, surtout à l’est, à la frontière avec le Pakistan, et un climat très rude – les 40° l’été sont courants – servent admirablement la guérilla.

Quatrième constatation et la principale :
la guerre en Afghanistan est alimentée par le Pakistan. Déjà au temps de la présence soviétique, les moudjaidines avaient leurs bases au Pakistan. Les ethnies de part et d’autre de la frontière, notamment les Pachtounes, ignorent totalement les limites territoriales de la colonisation européenne. C’est le cas aujourd’hui plus que jamais, le Pakistan fournissant à la guérilla afghane 80 % de ses effectifs et la totalité de son armement et de son intendance. Ainsi – stupéfiant paradoxe – Islamabad avec ses puissants services secrets – l’Inter Service Secret, l’ISS –, l’un des principaux bénéficiaires de l’aide américaine à travers le monde, mène par talibans interposés une guerre contre ceux-là mêmes qui lui donnent chaque année des milliards de dollars pour lutter contre l’extrémisme islamiste !
Ben Laden lui-même est probablement domicilié dans la région montagneuse de Quetta à l’ombre d’un sommet de 3 500 m, de facto protégé par les champions du double jeu que sont les Pakistanais.

Ceci étant, nous sommes aujourd’hui en présence de deux hypothèses :

1. Si l’Afghanistan est finalement abandonné à son sort, ce que firent les Soviétiques en 1989 après avoir reconnu leur échec, nous aurons un bloc islamique fanatiquement anti-occidental allant d’Islamabad à Beyrouth, en passant par l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien. Le tout dirigé, en tout cas inspiré, par Al-Qaïda dont les ramifications mondiales sont de plus en plus agissantes, y compris en Algérie – avant de l’être en France (où, je le rappelle, l’islam est la deuxième religion, grâce à une immigration massive encouragée par les pouvoirs publics depuis plus de 30 ans). Tous, l’Iranien Ahmadinejad en tête, ayant pour premier objectif l’anéantissement d’Israël, par la bombe atomique de préférence. Sans doute, dans un tel cas, la riposte serait foudroyante, mais le pouvoir islamique s’en moque. Quelques millions de victimes seraient autant de martyrs qui auraient la chance inouïe d’être accueillis au paradis par Allah, le tout-puissant et le miséricordieux. N’oublions pas que les candidats kamikazes sont tellement nombreux qu’il faut les inscrire sur des listes d’attente !
Dans ce redoutable affrontement, c’est là une dissymétrie qui n’est pas en faveur de l’Occident qui n’accepte la guerre, la France en particulier, qu’à la condition qu’il n’y ait pas de pertes dans ses rangs.

Deuxième hypothèse, contrer par les armes la poussée islamiste
. Mais alors il faut se préparer à une présence militaire occidentale en Afghanistan, ainsi d’ailleurs qu’en Irak, pendant des décennies, c’est-à-dire à une sorte de colonisation. La facture serait tellement lourde et durable que j’ai quelques doutes sur cette hypothèse-là. Je crains que la première soit la bonne, si j’ose dire !

Christian Lambert
Ancien Ambassadeur de France

 

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