Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

Catégories

23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 11:57


Musulmans en Allemagne
Enquête sur les ados

  

Les élèves en classe de 9e ou 10e (âgés de 14 à 18 ans)

Environ 500 jeunes musulmans d’écoles de divers niveaux à Cologne, Augsburg et Hambourg ont été interrogés via un questionnaire écrit, ainsi que des jeunes non musulmans, pour qu’une comparaison puisse être faite entre les divers réseaux scolaires, mais aussi entre musulmans, immigrés non-musulmans et non-musulmans de souche.

Tout juste 40 % des élèves musulmans interrogés ont la citoyenneté allemande; environ 70 % sont d’origine turque; 77 % vivent en depuis leur naissance. Pourtant, comme chez les adultes, une forte proportion (27,2 %) ne se sent attachée qu’à leur pays d’origine, qui est pour la plupart d’entre eux en fait le pays d’origine de leurs parents ou de leurs grands-parents. Des tendances nettes à une ségrégation par rapport à la société allemande sont perceptibles dans un tiers des jeunes. Un peu plus de 10% se disent en faveur de la légitimité de la punition corporelle en aussi ; 14,2% sont critiques vis à vis de la démocratie (contre 10,5% d’Allemands non-musulmans).

Radicalismes

Plus de 15% des jeunes musulmans expriment des préjugés antisémites, et en beaucoup plus faible proportion, des préjugés contre des chrétiens. Parmi les non-musulmans de souche, la proportion de ceux qui expriment des préjugés contre des musulmans est de presque un cinquième des personnes interrogées. Seulement 6,4 % des jeunes musulmans ont de la sympathie pour l’islamisme, mais 24 % en ont pour l’usage de la violence (contre 14,9% de la jeunesse de souche). « En gros, on peut donc établir qu’une acceptation significativement plus grande de la violence est liée à l’affiliation à la religion islamique ». Parmi les non- musulmans (chrétiens), la tendance contraire est perceptible : une conscience religieuse plus forte abaisse l’affinité avec la violence à environ 3%.

Intolérance et dissociation vis-à-vis de la démocracie

Une grande distance par rapport à la démocratie et à au respect de la loi se retrouvent chez 11.6 % des jeunes musulmans vivant en . « Si des préjugés antisémites ou anti-chrétiens marqués et/ou une grande distance par rapport à la démocratie sont pris ensemble comme caractéristiques qui définissent un groupe à risque, alors, sur la base des données à disposition, on peut mettre dans ce groupe presque un quart de jeunes musulmans (23,8%). On parle ici d’une minorité qui ne doit pas être sous-estimée et qui montre des indications claires d’intolérance, de distance par rapport à la démocratie, ou des marques d’autoritarisme ». Si l’aspect de la recommandation de l’usage de la violence est combinée avec ce chiffre, on arrive à 29.2%, soit plus qu’un quart des jeunes musulmans - un potentiel qui n’est pas insignifiant et ne doit pas être négligé.

Un jeune qui prend ses distances par rapport à la démocratie, a des préjugés religieux et est intolérant tend souvent à préconiser la violence. Approximativement un quart des jeunes affirment être prêts à exercer une violence physique contre des incroyants pour servir la communauté islamique. Dans son ensemble, ce pourcentage est approximativement deux fois plus important chez les jeunes que dans la population musulmane totale. « Parmi les jeunes, le potentiel de jeunes musulmans qui pourrait se radicaliser politiquement jusqu’à l’usage d’une violence excessive (est) beaucoup plus important que dans la population globale », particulièrement chez les jeunes hommes peu instruits, qui ont souffert de discrimination et ont une orientation religieuse fondamentaliste. L’orientation religieuse seule, ou des conditions sociales difficiles, ou le manque de possibilités de s’instruire, ne sont cependant nullement responsables d’une apologie de la violence. Des parents violents, une perception traditionnelle des rôles personnels, et la perception de la masculinité jouent un plus grand rôle pour expliquer ce fait.

La signification de la religion

Le pourcentage de jeunes qui se caractérisent comme religieux est de 87,2 % (ce pourcentage est légèrement plus haut que dans la population musulmane globale). Parmi ces jeunes, 44,2 % peuvent être caractérisés comme d’orientation fondamentaliste: pour eux la religion a une grande importance dans la vie quotidienne et ils insistent sur une observation fidèle et rigide des commandements coraniques. En revanche, seulement 45,6 % de immigrés non musulmans se décrivent comme religieux; et seulement 19,1 % des jeunes de souche le font. Parmi la jeunesse musulmane, une religiosité intense est corrélée à une éducation moindre, et à une inscription plus longue dans une école coranique; le résultat de cette école est une orientation fondamentaliste plus intense. Parmi les jeunes de souche, un religiosité intense est, par contre, corrélée à une éducation de plus haut niveau.

Education et exclusion

Il est frappant de constater que le degré d’instruction de la jeunesse musulmane (taux d’inscription à un lycée : 14,6%) est de loin inférieur à celui des jeunes de souche (45,8%), mais inférieur également à celui des immigrés non musulmans (34,1%). Parmi des musulmans, 63,3% rapportent qu’ils n’ont « seulement quelques » ou « aucun ami allemand du tout » ; parmi les immigrés non musulmans, c’était le cas pour seulement 47,1% des jeunes.

L’intégration linguistique et pratique de la jeunesse musulmane [dans la société allemande] est de manière significative inférieure à celle de la jeunesse non musulmane: plus de 40% ont des problèmes sur ce point. Seulement 45,4% de jeunes musulmans préconisent l’adaptation de leur conduite à la culture allemande et, au lieu de cela, les autres exigent l’acceptation [de leurs propre conduite] ; dans la population musulmane globale, 82,6% préconisent l’adaptation. En conséquence, les jeunes musulmans insistent plus fortement que les non musulmans sur le maintien de leur propre culture. En même temps, cependant, 35,9% juge que la société allemande qui les accueille comme immigrés a une attitude négative envers eux ; presque 80 % des jeunes rapportent des incidents témoignant de rejet et de traitement négatif lors des douze derniers mois.

Indépendamment de la distance clairement perceptible maintenue par beaucoup de jeunes musulmans envers la société allemande, on note le fait que entre 14,3% et 19,5% de jeunes de souche montrent des attitudes extrêmement xénophobes. La déclaration de la supériorité fondamentale des Allemands sur les autres peuples est approuvée « légèrement » ou « complètement » par 15,3% des jeunes ; 43,4% ont l’opinion que « la plupart des étrangers sont des criminels ». 17,1% des jeunes Allemands de souche font preuve à l’égard des musulmans d’intolérance et de préjugés, et préconisent la violence ; presque 50% approuvent l’idée que les étrangers qui sont incapables ou peu disposés de s’adapter eux-mêmes devraient quitter l’. On trouve ici un potentiel considérable de conflit.

Partager cet article
Repost0

commentaires