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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 09:25
POUR EUX, PAS DE PROBLEMES DE FIN DE MOIS...

UN PETIT "PLACARD" BIEN REMUNERE...A VIE ! 


Ménage annoncé dans
les «placards» du Quai d'Orsay
Marie-Christine Tabet
01/04/2008
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La Cour des comptes vient d'épingler le ministère des Affaires étrangères. Un diplomate sur quatre y serait sous-employé.

Un plan social au Quai d'Orsay ! De quoi alimenter les conversations dans les ambassades. Discrètement mis en place en décembre dernier, un premier projet destiné à faire partir les diplomates de plus de 58 ans s'achève dans quelques semaines. Et Bernard Kouchner compte bien obtenir de Bercy, l'ouverture d'un nouveau guichet départs. Cette fois, destiné à attirer les hauts fonctionnaires de moins de 50 ans en leur proposant un pactole contre une démission. Un référé (1) confidentiel de la Cour des comptes, adressé à la fin de l'année 2007 aux ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et du Budget, Éric Woerth, a mis le feu aux poudres.

Dans ce document que Le Figaro a pu consulter, le premier président de la Cour, Philippe Séguin, s'inquiète des «conditions dans lesquelles le ministre des Affaires étrangères est conduit à laisser sans activité définie pendant un délai supérieur à quelques mois un haut fonctionnaire sans affectation adéquate…».

D'après les calculs des magistrats de la rue Cambon, 127 diplomates susceptibles d'occuper une fonction d'ambassadeur étaient employés à des tâches bien inférieures à leur niveau de compétences en 2006. Soit un diplomate sur quatre.

Des ministres plénipotentiaires, des diplomates élevés à la dignité d'ambassadeur de France, des conseillers hors classe possédant plusieurs langues et maîtrisant toutes les subtilités de la géostratégie internationale, erreraient dans «le couloir de la mort». C'est ainsi que les collègues du Quai d'Orsay baptisent l'étage de l'immeuble de la rue Lapérouse… qui accueille les ambassadeurs en mission. Pour une population de quelque 400 diplomates pouvant prétendre à une représentation de la France à l'étranger, la Cour évalue en effet à 179 les postes d'ambassadeurs, et une soixantaine d'emplois en administration centrale correspondant à leur calibre. Du coup, ils sont nombreux à rester «sur l'étagère», selon l'autre expression maison.

 

Des ambassadeurs dans le collimateur

 

Au moment du contrôle de la Cour des comptes, 14 fonctionnaires étaient même complètement disponibles, 16 bientôt disponibles et 17 autres occupés à des missions ponctuelles ! En termes moins diplomatiques, à attendre que le téléphone sonne. Le rapport relève même une perle : un conseiller des Affaires étrangères a fait valoir ses droits à la retraite à la fin de l'année 2006. Il était sans affectation depuis… 1999.

Au Quai d'Orsay, on minimise beaucoup les chiffres du rapport en invoquant les évolutions du métier : «En 1945, les deux tiers des ambassadeurs étaient à l'étranger, aujourd'hui 50 % de l'effectif travaille à Paris en administration centrale.» Le cabinet de Bernard Kouchner reconnaît que six fonctionnaires sont totalement inoccupés. Pas un de plus. Manifestement, le Quai et la Cour n'ont pas la même conception de la fonction.
 
Les contrôleurs de Bercy se plaignent aussi des données statistiques qui leur sont fournies par le Quai. «Ce ne sont jamais les mêmes effectifs, se plaint un budgétaire, les missions durent plus ou moins longtemps. Il faudrait faire une descente dans les bureaux pour savoir exactement qui fait quoi.»

Le 15 janvier 2008, le ministre du Budget a pris sa plus belle plume pour répondre à Philippe Séguin qu'il «partage les constats de la Cour et approuve la nécessité de procéder à un resserrement des effectifs».

«La Cour estime que pour autant qu'elle soit justifiée, la rémunération des hauts fonctionnaires sans affectation ou volontairement sous-employés de façon prolongée, n'est pas acceptable (…) Elle est coûteuse et fâcheuse sur la gestion des ressources humaines. En outre, elle déroge aux principes et droit de la fonction publique», prévient dans son référé Philippe Séguin, qui remarque que «les agents du MAE (…) disposent de fait de leur rémunération».

En ces temps de disette budgétaire où le nombre des fonctionnaires est compté et recompté, les ambassadeurs sont dans le collimateur. Pourtant, ils ne sont que quelques centaines, une paille à côté des milliers de fonctionnaires en surnombre aux Impôts et au Trésor. Mais ils sont représentatifs d'une administration à la française qui n'a pas su se réformer et qui continue à vivre sur ses prébendes. «Ce sont les notes de frais, les indemnités aux deux tiers défiscalisées, le train de vie d'un poste à l'étranger qui font trop souvent le sel du métier, raconte un haut fonctionnaire. À Paris, leur traitement est de 30 % inférieur à celui de la haute fonction publique. Cela n'incite pas les ambassadeurs à chercher une reconversion en France ou à accepter une deuxième carrière.» Il faudra, à coup sûr, faire le ménage dans le système de rémunération, avant de dépoussiérer les étagères.

(1) Lettre du président de la Cour des comptes adressée aux ministres de tutelles d'une administration pour les informer des griefs observés.

Copyright Le Figaro

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commentaires

D
Et dire que les Entreprises françaises manquent cruellement de main-d'oeuvre dans le bâtiment...
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